Retstickan Bildt2009-05-30

Utrikesminister Carl Bildt kunde inte låta bli att reta Frankrikes president. Var det verkligen klokt?

Nicolas Sarkozy har ställt in nästa veckas Sverigebesök.

Förklaringen sägs vara att han inte ville ha en diskussion om bl a Turkiet - några dagar före EU-valet.

I Frankrikes pressas nämligen Sarkozy i denna fråga från alla håll.

Både socialistpartiets företrädare och många andra hävdar att presidenten sviker sitt vallöfte från valkampanjen för två år sedan, då Sarkozy lovade att sätta stopp för Turkiets inträde i EU.

Och när en intervju med Carl Bildt i måndags publicerades i Le Figaro blev måttet tydligen rågat.

I intervjun argumenterar Bildt med föredömlig klarhet och politisk tydlighet för fortsatt utvidgning av EU - och för fortsatta förhandlingar med Turkiet.

Så långt är det inga problem.

Tvärtom.

Heder åt Bildt som vågar tala öppet om varför han vill ha med Turkiet i EU!

Men varför kan han inte låta bli att retas?

Le Figaros reporter ställer en fråga som handlar om Turkiets ev framtida röstmakt i EU - ( med 80 miljoner invånare kommer Turkiets röst att väga tyngre i rådet än både Tyskland och Frankrike) och Bildt svarar att "det är samma argument som de Gaulle använde rörande Storbritannien...."

Det är visserligen sant. Men väldigt provokativt.

Är det verkligen klokt att reta upp Nicolas Sarkozy? Motsättningen rörande Turkiet är tillräckligt allvarlig ändå.

Här är ett utdrag ur intervjun med Carl Bildt i Le Figaro:

" Êtes-vous inquiet pour les pays Baltes, l'Europe centrale et les Balkans ?

La situation économique est marginalement moins menaçante qu'il y a deux mois. Elle est préoccupante en Lettonie. En Ukraine, les défis sont considérables. Dans les Balkans, il n'y a pas de risque de guerre, mais la crise peut relancer le nationalisme. Pour éviter cela, il faut éviter d'arrêter l'élargissement de l'Union européenne, même si ces pays-là ont beaucoup de chemin à faire avant d'adhérer à l'UE.

Cet impératif concerne aussi la Turquie ?

Oui. Absolument. L'Europe a un intérêt stratégique de premier ordre à ce que la Turquie s'oriente vers elle. Si nous fermions la porte à la Turquie, nous encouragerions les tendances nationa listes dans une autre direction et nous enverrions un signal très négatif au reste du monde.

Si la Turquie entre dans l'Union, elle en sera le pays le plus peuplé et aura donc un poids politique considérable...

Je comprends que cela inquiète. Tous les élargissements ont suscité des craintes et des oppositions. Ils ont tous été un succès. Je ne pense pas que cela soit parvenu à son terme. L'Eu rope s'est transformée à chaque élargissement, mais elle est aujourd'hui globalement plus efficace que jamais.
Faire entrer la Turquie, c'est condamner d'autres pays comme la France et l'Allemagne à perdre de l'influence en Europe. Cela alimente les théories
du complot...

C'est l'argument qu'avait utilisé de Gaulle à propos de la Grande-Bretagne. Mais, pour peser dans le monde, il vaut mieux être l'Union européenne que l'Union d'une partie de l'Europe. Dans les décennies à venir, nous aurons besoin du dynamisme économique et démographique de la Turquie. Avec la Turquie, l'Europe peut être un facteur significatif de réconciliation avec le monde musulman. Et puis, si nous estimons que Chypre est en Europe, alors que c'est une île au large de la Syrie, il est difficile de ne pas considérer que la Turquie est en Europe.

Allez-vous ouvrir de nouveaux chapitres dans les négociations d'adhésion avec la Turquie ?

Nous serons les mandataires du Conseil européen. C'est une question qui relève plus des Vingt-Sept que de la présidence.
Les négociations avec la Croatie peuvent-elles aboutir d'ici à la fin de l'année ?

C'est encore possible, mais il y a encore beaucoup à faire. Nous aurons probablement aussi la candidature de l'Islande. Cela ajouterait une nouvelle dimension à l'Union européenne, au moment où tout le monde s'intéresse à l'Arctique."